À propos de nous

                        LES DROITS ÇA SE DÉFEND IMAGE

 45 années d’expertise

Mission

Action santé Outaouais est un organisme d’éducation populaire et de défense collective du droit à la santé. Nous nous intéressons à tous les enjeux (accès aux médicaments, accès aux soins dentaires, coops de santé, taxe santé, privatisation, etc.) qui influencent l’accès aux soins de santé des citoyens, particulièrement les plus démunis. En 2016, Action santé Outaouais est le seul organisme communautaire reconnu au Québec à avoir cette mission unique, ce qui en fait un atout original pour une région qui en a bien besoin. Action santé Outaouais intervient dans le débat sur la santé en donnant des outils aux citoyennes qui leur permettent de prendre part pleinement à la vie démocratique de l’Outaouais et être entendues par les décideurs du réseau de la santé.

Action santé Outaouais n’a de pertinence qu’à travers l’engagement des citoyenEs de l’Outaouais dans la défense du droit à la santé et à l’accès à des soins de santé de qualité. Nous avons la chance de pouvoir compter sur l’appui financier indéfectible du SACAIS-MESS

Histoire

Action santé Outaouais a été fondé en 1998, à la suite de la disparition du Dispensaire des citoyenEs de l’Ile de Hull. La naissance est en fait, le changement de nom et de mission du Dispensaire qui comme son nom l’indique est passé d’une mission de dispensation de soins et d’éducation populaire, à une mission d’éducation populaire et de défense collective du droit à la santé.

« Ensemble nous sommes fort! »
Voilà le slogan des fondateurs du Dispensaire des citoyenEs de l’Ile de Hull il y a maintenant 42 ans en 2012 à la suite d’une grande recherche-action auprès de la communauté de l’Ile de Hull, aux prises avec de nombreux problèmes sociosanitaires, exacerbés par les expropriations sauvages du gouvernement canadien de Pierre-Élliott Trudeau. La naissance du Dispensaire est survenu au même moment, presque jour pour jour,  de la création du Régime d’assurance maladie du Québec.

Les débuts du Dispensaire furent difficiles, car les médecins refusaient massivement de s’impliquer, ce qui amputait beaucoup la mission. Malgré tout, le Dispensaire donnait de la formation sur des façons alternatives de se soigner, sur la gestion des médicaments personnels, sur la bonne alimentation, sur la gestion du stress, etc. Pour aider les personnes appauvries à se procurer des médicaments dont ils avaient besoin, le Dispensaire avait obtenu l’aide de la pharmacie Larouche, située sur la rue Eddy. En bref, le Dispensaire venait en support auprès des personnes qui tombent dans ¨ les craques ¨ du système de santé, c.-à-d. ceux qui n’ont pas de carte d’assurance-maladie, pas d’adresse, itinérants-itinérantes, personnes que le CLSC ne peut aider.
Le Dispensaire et Action santé ont déménagés à huit reprises (donc un déménagement à tous les 5 ans) pour en arrivé au 180, boulevard Mont-Bleu aujourd’hui :

Les déménagements depuis 42 ans
1. En 1970, 111 Carillon
2. 125, Notre-Dame
3. 110 Victoria
4. Château d’eau, aujourd’hui la BDT (durant une dizaine d’années 1976-1986)
5. Centre Jules-Desbiens
6. 4, Taschereau (Coin Boul. St-Joseph)
7. 17, Lapointe (Pointe-Gatineau)
8. 180, Mont-Bleu

L’accès universel au soins de santé, d’une certaine façon a rendu moins nécessaire l’existence du Dispensaire, même si les dirigeants étaient déchiré par le fait qu’il y avait quand un noyau de personnes itinérantes qui n’avait pas accès facilement à des soins de santé. Le Dispensaire a donc passé une période de questionnement existentiel profond dans les années 1990. À la suite d’une planification stratégique majeure et de rapprochement avec des groupes de défense de droit, le Dispensaire tira sa révérence pour faire la place à Action santé Outaouais. En 1998, la défense de droit devient la priorité première. L’éducation populaire sur les enjeux sociaux, économiques et politiques qui minent l’accès aux soins de santé devient le principal cheval de bataille, principalement la privatisation des soins de santé, la lutte contre la pauvreté, la création des GMF et l’accès aux médicaments pour les personnes les plus démunies.

Depuis le début 2009, Action santé Outaouais effectue, un retour aux sources en organisant une enquête conscientisante, semblable à la recherche-action de la fin des années 1960 qui avait précédé la fondation du Dispensaire. Au cours de cette dernière enquête, tout près de 180 citoyens de Gatineau ont été consultés afin de mesurer l’accès à des soins de santé à Gatineau, mais aussi, ils ont pu proposer des solutions pour améliorer l’accès aux soins de santé à Gatineau.

Revendications

1. La contribution santé: Des peanuts pour les riches, un bras pour les pauvres

Attendu que le Budget 2010 présenté par le gouvernement de Jean Charest, incluait un nouveau point d’impôt pour financer le réseau de la santé: la contribution santé, qui est entrée en vigueur en juillet 2010;
Attendu que cette contribution santé n’est autre chose qu’un impôt régressif, c’est-à-dire qu’il n’est pas proportionnel au revenu. Cette mesure budgétaire contribue à creuser l’écart entre les riches et les pauvres, et en ce sens, elle est donc un génératrice d’inégalité sociale;
Attendu que la contribution santé exigée au Québécois est de 25$ par citoyen pour l’année 2010 et que d’ici 2012 elle augmentera jusqu’à 200$ par contribuable. Le budget Bachand 2011 indique que cette contribution augmentera après 2012;
En conséquence, les membres d’Action santé Outaouais s’oppose à toute forme d’impôt régressif, incluant la contribution santé.
 Faire autrement: Action santé Outaouais appuie les alternatives fiscales proposées par la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics:

  • Accroître le caractère progressif  de l’impôt des particuliers;
  • Rétablir l’équilibre entre les impôts des particuliers et les impôts des entreprises;
  • Lutter contre la fraude fiscale et la corruption dans l’attribution des contrats gouvernementaux;
  • Cesser de recourir aux agences de placement d’infirmières;
  • Adopter des mesures de contrôle du coût des médicaments.

 

2. Coopératives de santé au Québec : NON ou sous certaines conditions

Attendu que le modèle coopératif dans les services de santé est relativement nouveau dans l’histoire du réseau de la santé;
Attendu que l’ensemble des coopératives de santé exigent aux membres une part sociale;
Attendu que beaucoup trop de coopératives, dont la nouvelle coopérative de Cantley, la Coop santé Gatineau et la Coop de Aylmer, exigent des membres, en plus de la part sociale, des frais annuels;
Attendu qu’Action santé Outaouais ne négociera jamais l’un des principes fondamentaux de la Loi canadienne de la santé qui empêche les provinces d’imposer des frais comme obstacle aux services publics de santé;
En conséquence, Action santé Outaouais se prononce contre l’utilisation de frais annuels (et pour être rigoureux -aux parts sociales-) dans les coopératives de santé donnant un accès privilégié aux services déjà couverts par la RAMQ.

3. Accès aux services de soins dentaires

Attendu que malgré que les dents font partie du corps humain;
Attendu que les soins dentaires ne à peu près pas couvert par la RAMQ, sauf pour les enfants de moins de 10 ans et les prestataires d’aide sociale;
Attendu qu’Action santé Outaouais reçoit un nombre grandissant de plaintes relatives aux difficultés d’accès aux soins dentaires;
Attendu qu’il y a un nombre élevé de citoyens ne bénéficiant pas de la protection d’une assurance dentaire privée;
Attendu que la Commission Castonguay-Nepveu recommandait que soit progressivement instauré l’accès gratuit aux soins dentaires en priorisant les enfants et que cette recommandation nous semble toujours d’actualité;
En conséquence, Action santé Outaouais exige que soit mis en place progressivement et rapidement, régime d’assurance public et universel d’accès aux soins dentaires, au même titre que l’accès aux soins médicaux.

4. Accès aux médicaments

Attendu qu’un accès raisonnable et équitable aux médicaments doit être accordé à tous les citoyens Québécois, peu importe leur niveau de revenu, l’état de santé ou leur âge;
Attendu qu’un nombre non négligeable de nos concitoyeNEs doivent emprunter de l’argent pour se procurer des médicaments;
Attendu que les ménages québécois sont ceux qui dépensent le plus pour les médicaments à l’échelle canadienne;
Attendu que l’utilisation des médicaments est très souvent perçue par les patients comme un traitement palliatif lorsqu’il est difficile d’accéder aux soins requis;
Attendu qu’un Québécois sur 8 bénéficie de la gratuité des médicaments couverts par le RGAM ;
Attendu qu’en 2006, les dépenses totales en médicaments étaient de 6.2 milliards de dollars, dont 86 % étaient pour des médicaments d’ordonnances. Il s’agit donc d’un poste budgétaire très important pour les Québécois et leur gouvernement, mais aussi d’un marché très lucratif pour l’industrie pharmaceutique qui a ses contacts auprès du gouvernement actuel;
Attendu que la prime défrayée par les assurés du régime privé d’assurance  médicament est déterminée en fonction du risque évalué par l’assureur et non en fonction de la capacité de payé de l’assuré, ce qui constitue une injustice flagrante;
Attendu que les compagnies d’assurance privée consacre généralement de 15% à 25% de leurs dépenses en frais d’administration, alors que l’administration du système de santé publique coûte de 3 à 6% du total des dépenses en santé au Québec;
En conséquence, Action santé Outaouais propose que :

  • Soit instaurer un régime public universel d’assurance médicament;
  • Le SFR établie par Statistique Canada soit retenu comme seuil d’exception au-dessous duquel tous les ménages seraient exemptés de paiement de la prime du régime universel d’assurance médicament;
  • Que la prime soit déterminée en fonction de la capacité de payé et non-fonction du risque que représente un individu ou un groupe d’individu et que la franchise et la coassurance soit la même pour tous;
  • Que soit mise sur pied une société d’État d’acquisition, de recherche (et pourquoi pas de production) de produits pharmaceutiques dont les principaux objectifs seront de freiner la croissance incontrôlée des coûts de médicaments en santé, de développer les capacités scientifiques du Québec et d’innover dans le domaine du médicament;
  • Que soit abolie la « règle des 15 ans » qui prive les consommateurs de l’accès à certains médicaments moins couteux;

Consulter l’Observatoire des coopératives de santé au Québec.

Une partie de l’argumentaire est tiré du document « Pour un régime public universel d’assurance-médicaments au Québec » produit par l’Union des consommateurs, 2009.

RGAM : Régime général d’assurance médicament.